Les Cloisonnés

Derrière chaque Objet une Histoire !

La technique du cloisonné consiste à réaliser des motifs à l’aide de lamelles métalliques (cloisons) que l’on soude sur un objet (meuble, vase, vaisselle, montre, parure, etc.) en métal (bronze, cuivre, or, argent). Chaque alvéole formée est ensuite remplie de poudre d’émail et l’objet sera enfin cuit à haute température (800°C) puis poncé et doré au mercure.

Les cloisonnés sont très anciens puisque ce sont les Grecs qui ont inventé cette technique au 13e siècle avant J.C.. Son développement se poursuit au cours des siècles suivant, atteignant son apogée au 10e et 11e siècle à Constantinople. Trois siècles plus tard, les cloisonnés sont arrivés en Chine par l’intermédiaire des marchands arabes et arméniens. C’est sous la dynastie des Yuan (1279-1368) que les premières pièces chinoises, appelées «Ta Che Yao», sont produites.

Sous la dynastie suivante, des Ming (1368-1644), les cloisonnés restent sous giron impérial afin d’honorer le culte tibétain. On les retrouve alors exclusivement dans les temples et les palais en raison de leur splendeur flamboyante. Plusieurs nuances de bleus sont utilisées (turquoise, lapis-lazuli), ainsi que du vert, du blanc et du noir. De nouvelles

couleurs (marron, violet, rose) apparaissent à partir du 16e siècle, avec des motifs représentant la faune et la flore sous influence taoïste.

Aidés des jésuites, les Chinois perfectionnent encore leur fabrication et leurs ateliers de Pékin fournissent leurs plus belles pièces, toujours plus grandes et variées, dès le 18e siècle, sous la dynastie Qing (1644-1912). Alors que le métal principalement utilisé est le bronze, les ateliers de Canton se distinguent en produisant des cloisonnés en cuivre (vaisselle, vases, boîtes) grâce à l’introduction de la technique de Limoges par un jésuite français.

Les Chinois deviennent alors de véritables spécialistes, sans égaux dans le reste du monde, des objets en émail cloisonné, commercialisant leur production à plus grande ampleur et provoquant une véritable mode en Europe au 19e siècle, ainsi

qu’au Japon. Les Japonais développent à leur tour une technique propre dont l’âge d’or se situe entre 1880 et 1910.

A noter que l’on retrouve également des cloisonnés en céramique, en faïence ou encore en porcelaine. La technique reste la même, mais les cloisons sont réalisées à l’aide d’argile. La céramique islamique, à travers la «cuerda seca» andalouse (14e siècle) notamment, ou encore celle des productions britanniques Moorcroft (début du 20e siècle), sont les plus fameuses.


Avr 02, 2013 | Catégorie: Histoires insolites des objets | Commentaires: none

 



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